1993 : Crise et mutations à la CGT Impôts .

dimanche 17 novembre 2013
par  Amitié entre les peuples
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1993 : Crise et mutations à la CGT Impôts (SNADGI-CGT) .

Le contexte rattache cette crise à la fin de l’URSS et à la chute du mur quelques années plus tôt (1789 et 1991) alors que la CGT garde des liens forts avec le PCF. Cette crise, qui suit celle de l’UGFF-CGT (fonctionnaires d’Etat), va ouvrir une nouvelle période avec plus d’indépendance par rapport à ce parti mais aussi un vide dans les références, tant par rapport au marxisme que par rapport au socialisme. Avec relecture de la Charte d’Amiens cependant.

Mutation : Les choses ne vont changer, grosso modo, que dix ans plus tard avec le FSE (Forum Social Européen) de novembre 2003 en France, ou de nouveau le mouvement syndical en lien avec le mouvement altermondialiste ouvre la perspective d’une autre Europe, mais aussi d’un autre monde et d’une autre France, beaucoup plus sociale et plus démocratique, qui tourne le dos à vingt ans de néolibéralisme destructeur.

La CGT est en crise depuis 1991. Lire ici la chronique de Dominique LABBE.

En interne, on peut dire que cette crise a opposé les fédérations et syndicats nationaux dit « frondeurs » aux autres, modernistes ou recentrés. Mais cette lecture binaire apparait comme trop simpliste tant la réalité de cette crise est complexe.

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1993 : Crise et mutations à la CGT Impôts (SNADGI-CGT) .

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Au sein de ces syndicats on trouve le SNADGI-CGT (CGT des Impôts) qui a connu en 1993 une crise à répétition particulièrement intense entre différents courants. Les courants en opposition étaient aussi en opposition au sein du PCF. Il y avait en quelque sorte les « anciens » et les « modernes », comme Jean-Christophe Le Duigou par exemple. Mais d’autres courants, d’obédience trotskiste, ont eu des positions différentes de ces deux-là. Il y avait un courant proche de la LCR et un autre proche des « Lambertistes ». Plus les non affiliés et les affiliés distants...

C’est l’ensemble de ces positionnements pas toujours bien délimités qui ont pu rendre difficile la lecture de la crise. A tel point qu’un courant a jugé utile de distribuer une « fiche de vote » lors du congrès de Viviers (nov 93). Dans une organisation une crise d’orientation ne prend des proportions irrespirables que lorsque surgissent des comportements scandaleux.

Enjeux de pouvoir :

Marginaliser les syndicats contestataires

Soutenir les syndicats modernes et unitaires.

Le courant proche de la LCR se voulaient tout à la fois unitaire mais de lutte.

Enjeux autres :

- Pour plus de syndiqués à la CGT certes (car nul ne va dire qu’il en faut moins) mais plus par la lutte (et quelle lutte ?) ou par plus d’ouverture aux salariés du privé et aux syndiqués (par delà les équipes syndicales).

- Corporatisme ou syndicalisme de classe (pas toujours contradictoire mais enjeu néanmoins sur certains points).

- Modernisation et « déstalinisation » de la CGT mais la « déstalinisation » (effective car devenue moins « sectaire ») ne signifie pas moins radical ou moins offensif . Il s’agit d’être plus ouvert au débat et aux différentes positions mais toujours force de propositions d’actions. « Déstalinisation » : Il était jusque dans les années 97/98 difficile de prendre la parole longtemps en congrès CGT quand on était « atypique » (entendez engagé ailleurs qu’au PCF). Et il était aussi difficile de « monter » dans l’appareil.

- Distance avec le PCF

- Syndicalisme rassemblé ou unité des syndicats en lutte.

- Alliance avec la CFDT ou unité des syndicats sur les revendications face à l’abandon de l’ancienne stratégie « CGT en lutte » (comprenez toute seule). A l’époque on stigmatisait beaucoup le syndicalisme du « stylo » qui ne descend pas dans la rue (on le fait encore et à raison mais différemment) avec des slogans du type « ce n’est pas à Matignon que l’on aura satisfaction, cgt ».

- Ouverture aux mouvements sociaux : AC ! (Agir ensemble contre le chômage) nait en octobre 1993 à partir d’une revue de syndicalistes unitaires mais offensif. La RTT est alors la principale revendication anti-chômage mise en avant par AC ! mais pas par la CGT qui reste elle sur les augmentations de salaires.

- Ouverture interne : S’adresser aux salariés, aux syndiqués ou aux syndicats.

- Changement dans les modules de formation syndicale

Dix après, lors des manifestations du printemps 2003 on a retrouvé certains de ces enjeux.

Jusqu’où aller avec la CFDT ? Pourquoi ignorer SUD et la FSU qui sont des syndicats combatifs ? Ne pas opposer mais articuler l’unité d’en-haut pour les mots d’ordre généraux avec la convergence des luttes en-bas (« à la base ») avec des revendications différenciées. Faut-il attendre que le privé soit à 5O% en grève pour lancer la grève générale dans ce pays ? Etc.

Christian DELARUE

de la CE du SNADGI-CGT 35 en 1993 (avec Pascal Franchet et Jean-Michel Groisier à Viviers)


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