ATTAC / Gaz et huiles de schistes : Comprendre le problème

dimanche 8 septembre 2013
par  Amitié entre les peuples
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Gaz et huiles de schistes : Comprendre le problème

ATTAC France

Le système énergétique qui sous-tend la civilisation thermo-industrielle et la course à la croissance économique est en crise profonde : épuisement du pétrole conventionnel, sécurisation des approvisionnements dans un contexte géopolitique incertain, explosion de la demande. À cela s’ajoute la crise nucléaire. Après l’Amérique du Nord, où les huiles non conventionnelles (Alberta) et le gaz de schiste sont déjà exploités (États-Unis, Canada), des pays européens lancent la prospection.

En France, en mars et avril 2010, le ministre de l’Ecologie, Jean-Louis Borloo, a octroyé des permis de prospection pour cinq ans à Total, GDF-Suez, Devon Energy, etc... dans trois zones du sud du Massif central (départements de l’Hérault, du Gard, de l’Aveyron, de la Lozère, de l’Ardèche et de la Drôme), sans la moindre consultation des élus et des citoyens. D’autres permis pour la recherche d’huiles de schiste avaient été délivrés en 2008 et 2009 en Île de France. Des permis ont été également délivrés en Champagne, en Midi-Pyrénées et pour la prospection de pétrole « offshore », en Méditerranée. Les zones d’exploration couvrent plusieurs dizaines de milliers de km2.

A la différence du gaz naturel classique, le gaz de schiste est piégé dans les interstices de roches non perméables. Pour l’exploiter, il faut donc forer à deux ou trois kilomètres de profondeur, puis horizontalement, fracturer la roche en injectant d’énormes quantités d’eau, de sable et de produits chimiques sous forte pression. Il est prévu, dans les zones d’exploration, un minimum de 4 puits par km2, chaque puits et ses bassins de décantation, ayant une empreinte au sol de 1 ha. Concernant l’huile de schiste, en plus de l’utilisation de ces mêmes procédés, il faut la chauffer à des températures importantes pour la transformer en pétrole, nécessitant pour cela d’importantes quantités d’énergie.

Comme le montre l’exemple nord-américain, les conséquences sont désastreuses : pollutions environnementales locales des sols, des nappes phréatiques et aquifères ; destructions induites pour les paysans et pour l’agriculture ; risques pour la santé du fait des produits chimiques utilisés pour l’extraction et des remontées de métaux lourds et radioactifs ; dégradation de sites naturels, de leur faune et flore. Les fuites de méthane et la noria de camions transportant des matériaux, de l’eau, du gaz, accélèreront les émissions de gaz à effet de serre et la dégradation climatique.

Depuis fin 2010, de très nombreuses réunions d’information et de sensibilisation face à des dangers permis de d’alerter et de mobiliser des milliers de citoyennes et citoyens. Le 26 Février, ce sont entre 10 000 et 20 000 personnes qui ont manifesté à Villeneuve de berg, bourgade ardéchoise qui a donné son nom à l’un des permis. Sous cette pression citoyenne, de très nombreux arrêtés et motions de refus de toute prospection ont été votées à l’unanimité dans de très nombreuses communes, départements et régions concernés. C’est le cas en Aveyron, dans l’Hérault, en Lozère, en Ardèche et dans le Gard. Les élus héraultais se sont ainsi prononcés pour « l’ouverture d’un débat public » et en faveur d’un « moratoire sur ces recherches » de gaz de schiste.

La procédure est en effet très opaque. Les arrêtés de prospection ont été publiés un mois après leur rédaction et sans aucune concertation, pas même des élus locaux qui n’ont pas été tenus informés. D’autre part, la réforme du code minier, validée en Conseil des Ministres le 15 janvier 2011, devrait s’appliquer par ordonnance, éliminant tout débat parlementaire. Cette réforme devrait permettre aux sociétés chargées de l’exploration (et de l’extraction) d’accéder aux lieux sans autorisation du propriétaire. Seuls les industriels sont consultés sur la validation des permis d’exploration, sans consultation des populations et élus locaux.

Ces réactions fortes et spontanées, dans un pays industriel habitué à aller puiser ses ressources dans les pays du Sud, rejoignent les luttes menées par des mouvements sociaux en Amérique Latine, en Inde et en Asie, en Afrique, contre ce qu’ils nomment l’extractivisme, qu’ils subissent depuis plusieurs siècles et qui s’accélère en même temps que la globalisation du capitalisme.

http://www.france.attac.org/dossiers/gaz-et-huiles-de-schistes-comprendre-le-probleme


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