Bons de rentrée et mépris de classe des riches - Christian Delarue

mercredi 1er septembre 2021
par  Amitié entre les peuples
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Bons de rentrée et mépris de classe des riches

La proposition de transformer l’Allocation de rentrée scolaire dont le montant varie de 370,31 euros à 404,28 euros (en fonction de l’âge des enfants et en dessous d’un plafond de revenu) en bons d’achats spécifiques (pour la scolarité) constitue un mépris de classe des riches qu"il soient du 1%, des 5% ou des 10%. On sait qu’environ 90 % des bénéficiaires l’utilisent pour du matériel scolaire et des habits.

Mépris de classe des riches car ce sont eux, ces élus ou ces bureaucrates aisés, qui stigmatisent ainsi, la main sur le coeur, si je puis dire, la population pauvre par ces bons d’achats , en voulant s’assurer que les allocations servent bien aux enfants et pas à autre chose .

La haine de classe d’en-haut peut s’exprimer sur un ton bienveillant et doucereux mais être active, alors que la réaction haineuse d’en-bas sera elle souvent physique : on arrache une chemise ou on crache son mépris au visage du riche dominant ! Dans cette compréhension du phénomène de haine il ne faut pas s’en tenir aux apparences car il y a des pratiques dures mais silencieuses qui en disent long sur la haine des riches contre les pauvres soit la pauvrophobie.

Regardez maintenant ce que nous apprend INDECOSA-CGT en matière de classisme - qui n’est pas pauvrophobie - sur l’inflation et l’épargne réglementée (soit les divers livrets populaires des 90% d’en-bas) : ils ne rapportent plus rien car les gouvernements successifs de droite ou de gauche capitaliste ont baissé les taux et désormais l’inflation « mange » ce qu’il pouvait encore rapporter. C’est silencieux mais scandaleux ! Et à qui cela profite-t-il ? Aux banques et aux grands actionnaires du 1% de ces banques. Pour eux tout va bien !

Qui sommes-nous ? Au-delà de la langue parlée, de la couleur de peau , nous, nous n’appartenons pas subjectivement au peuple-nation . Le drapeau bleu-blanc rouge ne nous met pas en grand respect ! Nous sommes anti-communautariste national. Nous appartenons à la gauche éco-socialiste et au peuple-classe, au peuple social de France mais en solidarité avec les autres peuples-classe du monde qui subissent le classisme, la domination des grands possédants. Nous sommes pour un internationalisme des peuples-classe ! Nous défendons néanmoins la laïcité à la française tout comme les services publics à la française ou une planification démocratique nationale des besoins sociaux et écologiques mais sans louange d’un quelconque communautarisme national tel qu’il perdure, tel qu’il se diffuse au grand profit des dominants économiques .

Deux exemple récents de communautarisme national constitutif d’injustices :
1) Le communautarisme national d’ Eric Ciotti, élu de droite et du fric, propose, sur une radio, au lieu et place de « travail, famille, patrie » de feu Pétain un nouveau tryptique identitaire et communautaire très « bleu blanc rouge » intitulé « liberté, autorité, identité » : Liberté des entrepreneurs, des patrons, des riches du 1% pour la droite du fric et là çà va bien pour eux ! Pour les migrants venant du sud c’est autre chose : xénophobie et racisme !
2) Le souverainiste est un communautarisme national . Laurence De Cock dit dans Regard "la gauche chevènementiste, la gauche souverainiste qui arrive au début des années 80. C’est une gauche qui elle aussi à sa manière va gommer la problématique des déterminismes sociaux en essayant de les fondre dans un grand tout souverainiste-républicain-laïcard qui est censé dépasser la question des inégalités sociales. C’est une école qui à travers ses contenus d’enseignements va décréter que tout ce qui permet une réconciliation nationale est beaucoup plus important que le fait de lutter contre les inégalités sociales. »

Christian Delarue