Dominique Venner et le renouvellement du racisme | S François & N Lebourg (Fragments sur les Temps Présents)

vendredi 24 mai 2013
par  Amitié entre les peuples
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Dominique Venner et le renouvellement du racisme | Fragments sur les Temps Présents

Par Stéphane François et Nicolas Lebourg

En France, la principale structure qui fit la jonction entre les militants de la Seconde guerre mondiale et les jeunes générations de l’après-guerre fut Europe-Action. Son fondateur, Dominique Venner, est un militant d’extrême droite de longue date1. En 1956, il devint membre de Jeune Nation, un groupuscule néofasciste fondé par les frères Sidos. Engagé volontaire à dix-huit ans dans les chasseurs parachutistes, il combattit en Algérie entre 1954 et 1956. Il fut incarcéré à la prison de la Santé de 1961 à 1962. A sa sortie de prison, il entreprit la prise de contrôle de la Fédération des Étudiants Nationalistes qui servait de cache-sexe à Jeune Nation après que le mouvement ait été deux fois dissout. Il est vrai que Venner a recruté dans le milieu estudiantin dès 1957 un groupe d’une quinzaine de militants et d’une soixantaine de sympathisants actifs.

En 1963, Venner fonda une revue qui fut aussi un mouvement,Europe-Action, aux aspirations déjà métapolitiques, auxquels participèrent d’anciens SS français, dont Jean Castrillo, Pierre Bousquet et Saint-Loup (pseudonyme de Marc Augier), des rescapés de la Collaboration comme Henry Coston, Jacques Ploncard (dit d’Assac) ou Saint-Paulien (pseudonyme de Maurice-Yvan Sicard), des écrivains militants comme l’ethnorégionaliste nordiciste Jean Mabire (qui devint son rédacteur en chef), qui se réclamait dans les années soixante de la SA2, et une jeune garde composée notamment d’Alain de Benoist – secrétaire de rédaction sous le pseudonyme de Fabrice Laroche –, de Jean-Claude Valla et de Pierre Vial

En effet, il s’agrégea autour d’Europe-Action plusieurs animateurs de la FEN, dont ceux qui ont participé à la rédaction du Manifeste de la classe 60, rédigé en juin 1960. Ce manifeste contient divers points qui figureront parmi les thématiques importantes d’Europe-Action : le nationalisme européen, le racialisme et le racisme, l’impérialisme… Finalement, l’équipe de la FEN qui animait la revueLes Cahiers universitaires fonda le GRECE en 1968. Dominique Venner fut l’un des membres fondateurs du GRECE sous le pseudonyme de Julien Lebel.

Europe-Action, nettement fascisant, se démarquait des nationalistes classiques par son européisme. De fait, son importance théorique est fondamentale pour établir la généalogie de l’extrême droite nationale-européenne, néopaganisante et racialiste3. En effet, « Dans l’esprit de Venner et de ses amis, il s’agit de débarrasser le nationalisme et le fascisme de ce qu’ils ont d’un peu vieillot et de dépassé (l’antiparlementarisme, l’anti-intellectualisme, le patriotisme réduit à l’espace hexagonal), tout en se démarquant du nazisme, soit en admettant comme Bardèche qu’Hitler a “fait des erreurs”, soit en niant purement et simplement les crimes du iiie Reich. C’est ainsi qu’Europe-Action accueillera très favorablement la publication en 1964 du Drame des juifs européens de Paul Rassinier, l’un des principaux représentants de l’“école révisionniste”.4 »

http://tempspresents.wordpress.com/2013/05/23/dominique-venner-renouvellement-racisme-stephane-francois-nicolas-lebourg/