Dulcie September et antiracisme internationaliste - Christian DELARUE

samedi 2 mai 2020
par  Amitié entre les peuples
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Dulcie September et antiracisme internationaliste

Avant-propos

Un antiraciste, fut-il souverainiste (dit sans connotation péjorative), est nécessairement ouvert à l’international et au mondial. Militer pour un autre monde comme les altermondialistes n’est pas contradictoire avec militer pour changer radicalement les choses au sein de son propre pays, sa propre nation (il y a des pays multinationaux), surtout quand les élites néolibérales continentales (gouvernance de l’UE) sont peu soucieuses des peuples du continent européen.

Plusieurs militants et militantes qui commencent à prendre de l’âge se souviennent de cette époque ou l’antiracisme s’exerçait ici en France, bien évidemment, mais aussi ailleurs, notamment en Afrique du Sud. Car il importe d’articuler les luttes. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il faut être organisé et intégrer une association car on ne saurait s’occuper de tous les fronts parfaitement. La situation vous demande d’être tantôt géographe et historien, tantôt juristes parfois du côté du pénal mais parfois du côté du droit international, tantôt anthropologue, etc.

Mémo

Le 20 juillet 1994, le jour de mes 39 ans (sans importance) mais surtout quelques mois après les premières élections en Afrique du sud, pays officiellement libéré de l’Apartheid que depuis le 30 juin 1991, un certain Dirk Stoffberg y était abattu (avec son épouse innocente).

La transition démocratique (1) post-1991 fut globalement bonne dans ce pays d’après les connaisseurs mais évidemment certains avaient très peur d’être dénoncé. C’est que Dirk Stoffberg, qui était auparavant chargé des « basses besognes » pour le régime blanc raciste d’Afrique du sud, avait librement parlé à un journaliste de « sa commande » : il avait six ans auparavant recruté et payé deux »hommes de main » inconnus pour tuer la célèbre Dulcie September à Paris, au siège de l’ANC. Ce fut fait en mars 1988. Trois ans avant la fin de l’Apartheid. Elle était à Paris que depuis 1984.

Il y a eu en France, une vive émotion pour cette grande militante anti-apartheid que la très grande fraction du mouvement antiraciste (« blanc universaliste » svp ! eh oui !) français soutenait.

Au MRAP la lutte contre l’Apartheid prenait beaucoup de place et elle avait commencé bien avant la Marche de 1983, citée simplement comme date-repère avec un avant et un après . Pour ma part ce fut d’abord à Brest à la fin des années 70 (après le congrès de 1977 - repère interne au mrap - soit de 1979 à 1984 ) puis ensuite à Rennes à partir de septembre 1984. Le MAA au CRIDEV était très actif pour organiser des débats mais aussi des boycott : on ne faisait pas son plein chez TOTAL.

On a attendu longtemps pour en savoir plus (pas tout loin de là) sur les modalités de l’exécution de Dulcie September.
D’ou ces textes et ces liens :
- A Lucerne, une suite au palace pour les assassins de Dulcie September - Le Temps
https://www.letemps.ch/suisse/lucerne-une-suite-palace-assassins-dulcie-september
- Afrique du Sud. Paris, 1988 : qui a assassiné Dulcie September ?
https://www.courrierinternational.com/article/afrique-du-sud-paris-1988-qui-assassine-dulcie-september

Christian DELARUE

1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Apartheid#La_phase_de_transition